témoignage d'un demi(trois quart)-déjanté

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témoignage d'un demi(trois quart)-déjanté

Message  philippe le Mer 1 Juil - 15:59

J'ai été hospitalisé en psychiatrie à plusieurs reprises. On m'a d'abord donné du risperdal, puis du solian, puis enfin du zyprexa. Pendant plusieurs années j'ai joué avec les médicaments, les prenant très irrégulièrement, seulement quand ma tension nerveuse devenait insupportable. Depuis un an j'ai pris les vingt milligrammes prescrits tous les jours. J'ai trouvé du travail, je suis devenu plus sociable. Voilà pour les éléments positifs. Comme éléments négatifs, il y a la prise de poids(une douzaine de kilos alors que je mange peu) mais il y a surtout des problèmes de sommeil. Je suis devenu très fainéant le matin. A l'hôpital, aucun problème pour me lever. Quand je travaille, aucun problème non plus. Mais sinon je dormais douze heures par nuit, parfois encore plus quand je me sentais mal. Alors après un an de traitement, j'ai décidé de diminuer les doses, j'ai pris dix milligrammes au lieu de vingt. Effets positifs, je dors une heure ou deux de moins par nuit et j'ai moins la sensation d'être un mort-vivant. Effet négatif, je suis plus tendu. On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Je vais peut-être essayer quinze milligrammes pour voir ce que ça donne. Tous les neuroleptiques sont destructeurs, mais tous les neuroleptiques sont moins destructeurs que les rechutes. Je ne crois pas une seconde aux progrès de la science, mais je ne crois pas non plus que tout le travail que font les labos pharmaceutiques et les psychiatres est complètement absurde. J'essaie de trouver des compromis.La psychiatrie est je le crois une zone grise, une zone où on ne sait plus qui sont les bourreaux et qui sont les victimes. Les situations sont affreusement compliquées, tout ce qu'il y a à faire c'est d'essayer de laisser les enfants en dehors de tout cela. Personnellement, je pense avoir été plus le bourreau des psychiatres que leur victime. Vous me direz peut-être qu'il n'y a pas de bourreaux ni de victimes, seulement des médecins,des biochimistes, une industrie pharmaceutique et des patients. Moi je crois qu'il y a des bourreaux et des victimes, mais on ne saura quel rôle ont joué les uns et les autres que après notre mort. Et encore. Excusez moi cet intermède religieux. Gobera, gobera pas ? Gobera la moitié, les trois quart, le tout ou le rien ? Telle est ma question, Shakespeare.

philippe

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Date d'inscription : 30/06/2009

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